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NPA Bourgogne Franche-Comté
  • Tous terroristes ? Alors non à la surenchère autoritaire !

    24 novembre 2020

    La nouvelle loi sur la sécurité débattue au parlement entre le 17 et 20 novembre et soumise au vote en procédure accélérée va venir s’ajouter à la trentaine déjà mises en œuvre depuis 20 ans.

    Une loi réactionnaire de plus :

    Ce qui est proposée dans cette nouvelle loi c’est « un an d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende pour la diffusion par quelque moyen que ce soit, de l’image du visage ou de tout autre élément d’identification d’un fonctionnaire de police ou d’un militaire de la gendarmerie lorsqu’il agit dans le cadre d’une opération de police ». On sait que le camouflage des visages des policiers et gendarmes intervenant dans le cadre d’un attentat terroriste ou dans des situations de flagrance criminelle est déjà légal et utilisé. Mais là les actions des policiers se déroulent au cœur de nos rassemblements et manifestations. Ce texte confirme qu’à ses yeux toutes nos colères sont le fait des terroristes que nous sommes !

    Il s’agit pour le gouvernement de donner les pleins pouvoirs aux « forces de l’ordre » avec une impunité totale qui empêche toute responsabilité. La défenseure des droits, Claire Hédon, rappelle que les policiers assurent une action à caractère public. Et qu’il n’y a donc aucune raison à ce qu’ils ne soient pas identifiables quand ils agissent dans le cadre du « maintien de l’ordre ». Il y aurait plutôt de bonne raisons d’exiger le désarmement des policiers dans le « maintien de l’ordre » !
    Difficile aussi pour les journalistes lors de nos manifestations. David Dufresne, journaliste travaillant sur les violences policières et réalisateur, affirme « sur les 55 sources d’images rassemblées dans le film Un pays qui se tient sage, 30 tomberaient sous le coup de la loi ».

    Tous terroristes, tous fichés ?

    « Les services de l’État concourant à la sécurité intérieure et à la défense nationale peuvent procéder au moyen de caméras installées sur des aéronefs, des drones, des hélicoptères à la captation, l’enregistrement et la transmission d’images ». Une dizaine de situations très diverses sont nommées dont « la sécurité des rassemblements des personnes sur la voie publique ou des lieux ouverts au public, si risques graves à l’ordre public ainsi que pour soutenir les personnels au sol »

    Toutes ces images peuvent être visionnées en temps réel, ce qui permet de ficher toutes personnes qui se trouvent au même moment au même endroit. C’est une remise en cause drastique du droit à la vie privée. Et une extension quasi illimitée des pouvoirs de police puisque tous ces visages captés iront rejoindre le fichier des 8000 visages déjà enregistrés. Un grand pas vers la reconnaissance faciale !

    N’attendons que cette loi soit votée pour réagir !

    Un gouvernement qui assimile les manifestants à de dangereux terroristes, qui gère le maintien de l’ordre comme une guerre, c’est un État qui devient chaque jour de plus en plus autoritaire.

    Bien sûr nous ne vivons pas dans une dictature fasciste, des syndicats, des associations, des journalistes, des avocats peuvent encore s’exprimer… mais quand même !
    Déjà des manifestations ont eu lieu contre cette loi qui risque d’être votée à l’arraché.
    Comme à Dijon le mardi 24 novembre, où plus de 500 personnes étaient mobilisées devant la préfecture. Cela peut et doit être le point de départ de la résistance à la dérive autoritaire, partout dans le pays !