NPA Bourgogne Franche-Comté
  • Féminismes à Dijon le 23 novembre 2019 : 1000 personnes dans la rue

    Le message est clair : « le sexisme tue, nous voulons la fin du patriarcat, les violences sexistes et sexuelles doivent cesser ». Pourtant, il ne cesse d’être invisibilisé, déformé, voire balayé d’un revers de manche pour rejoindre le dossier « courrier indésirable » des boîtes mails des hommes de pouvoir. Si la manifestation dijonnaise du 23 novembre contre les violences sexistes et sexuelles a été un succès, l’habituel backlash du « patriarKKKpitalisme » local n’a pas épargné son organisation.

    Samedi 23 novembre 2019, à 14h place de la Libération, démarre la manifestation contre les violences sexistes et sexuelles, deux jours avant la « Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes ». Si l’appel national à la marche fut initié par le mouvement #NousToutes, c’est derrière la bannière du Collectif 25 Novembre qu’environ 1000 personnes ont marché, chanté et crié, de la place de la Libération à la place de la République. C’est plus de trois fois plus que l’année dernière mais ça ne suffira pas à nous satisfaire : nous n’oublions pas les agressions sexistes et islamophobes en plein conseil régional, le nombre de féminicides enfin visibilisés qui augmente régulièrement, les témoignages quotidiens de harcèlement entre ou hors les murs… ou encore l’invisibilisation systémique de la lutte féministe.

    En effet, Black Friday et marché de Noël, telle fut la priorité aux yeux du maire et de son préfet qui nous ont empêché de manifester dans les rues passantes du centre ville en réduisant à 800 mètres le parcours final autorisé. Si la police n’a ni gazé ni frappé ce jour-là, elle aura néanmoins réussi à faire passer la marche contre les violences sexistes et sexuelles au dernier plan, loin des lieux de pouvoir, des commerces et des passant⋅es du centre ville. Par la même occasion, elle aura dévoilé au grand jour l’hypocrisie des représentant⋅es de l’État qui se targuent de « soutenir la cause », d’être « labellisé⋅es Diversité et Egalité professionnelle », mais sont incapables ne serait-ce que de faire semblant de porter à la marche plus d’intérêt qu’au Black Friday.

    La manifestation n’aura pas dérangé que les commerces : le jour de la manifestation, le Collectif Droits Des Femmes 21 – pourtant invité aux réunions de préparation – a coupé, pendant quelques minutes après le départ de la manifestation, le cortège en deux afin « de ne pas défiler avec celles et ceux qui avaient des slogans contre l’islamophobie ». Cette attitude a été réaffirmée par un communiqué de l’UFAL 21 se disant « solidaire du collectif droits des femmes 21 », en dénonçant le slogan contre l’islamophobie, « piège tendu par les nostalgiques du délit de blasphème », et dénonçant « la notion d’islamophobie porteuse, par son ambiguïté, d’une restriction à la liberté d’exprimer toute critique d’une religion ».

    Cela dit, la manifestation a suscité beaucoup d’engouement chez les autres participant⋅es et passant.es pour tirer un bilan positif. Un cortège de tête en mixité choisie sans hommes cisgenres... Un manifeste, des pancartes et des revendications intersectionnelles (contre l’islamophobie, la précarité, les violences médicales, la transphobie, le sexisme d’état)... Un hymne du MLF version Collectif 25 Novembre résonnant place de la Libération… Des chants et prises de paroles percutantes tout au long de la marche… Une mise en scène dansée des violences sexistes suivie de revendications politiques intersectionnelles en fin de manifestation… Et l’appui de quelques organisations syndicales et politiques : sono prêtée par l’UD CGT et présence de petits groupes Europe Ecologie Les Verts, France Insoumise, Génération⋅s, Libertaires, et le NPA avec sa banderole spécifique.

    Timide l’année passée, le féminisme politisé était de retour cette année dans l’espace public dijonnais, et ce n’est pas fini.