NPA Bourgogne Franche-Comté
  • Dijon : des patients sur des lits de camp au centre hospitalier de la chartreuse

    Depuis des années les syndicats de la Chartreuse, l’hôpital psychiatrique de Dijon, tentent d’alerter qui veut les entendre. Des années aussi que la direction promet qu’il s’agit d’une phase de transition en attendant une réorganisation des soins. Peu importe pour les patients et leur famille : les faits sont là, certains malades dorment sur des « lits d’appoint » reconnaît la direction, parfois aussi dans les bureaux des médecins précise la CGT de la Chartreuse. Selon des témoignages de soignants des patients sont réveillés en pleine nuit pour les changer de local de couchage en cas d’entrées supplémentaires.

    62 lits en moins à cause de plusieurs fermetures d’unités d’hospitalisation

    Tout a commencé avec des fermetures estivales, dit une infirmière CGT. « Au début on a fermé les unités en juillet ou en août et finalement elles n’ont jamais été rouvertes. Aujourd’hui quasiment trois unités ont disparu et avec elles, 62 lits d’hospitalisation, consentie ou non. » Résultat, on a rajouté des lits dans certaines unités où des chambres individuelles sont devenues des chambres doubles et certains patients dorment sur des lits de camps pliables. Pire encore, parfois les lits sont installés dans les salles de consultation des médecins. « Un cadre a même été envoyé pour acheter en urgence des lits pliables à Conforama et les a montés lui-même, avec le manuel. » La direction annonce, pour 2018, 8 lits suplémentaires sur le site Chartreuse pour les hospitalisations longues et des places en ambulatoire dans 2 sites de la banlieue dijonnaise mais pendant 2 ans les places supprimées manqueront. Pourtant il passe plus de 11000 patients à la Chartreuse par an !

    Deux morceaux de pain par repas et pas plus

    Mais dorénavant cela va encore plus loin explique l’infirmière à France Bleu Bourgogne : « depuis quelque temps, on nous demande carrément de faire des économies sur le pain ! On nous a clairement demandé de donner deux morceaux de pain par personne et par repas, et pas plus. On n’a plus le droit de mettre de lait dans les cafés non plus. » Des économies de bouts de chandelle !
    Le directeur, lui, justifie cette organisation délirante. L’Agence régionale de santé applique servilement la politique de restriction budgétaire du gouvernement à l’hôpital public, et patients et personnel subissent de plein fouet les conséquences de cette politique de démolition des services publics. Et elle met en avant un Groupement hospitalier territorial qui s’étend de Semur-en-Auxois à Bourbonne-les-Bains pour mutualiser les lits disponibles : bravo pour les familles !

    « On juge du degré de civilisation d’une société à la manière dont elle traite ses fous », disait Lucien Bonnafé, psychiatre désaliéniste.

    Et pendant ce temps la le futur Hopital privé se prépare sereinement…

    ...selon le directeur régional de Ramsay-Générale de santé !

    En effet 3 cliniques sont regroupées à l’été 2017 en un seul site en zone nord de Dijon et tout va bien : syndicats et direction marcheraient la main dans la main !
    Mais si les syndicats mettent en avant la nouveauté, une crèche d’entreprise (Topissimme, sic !) de 20 places, c’est au comité central d’entreprise qu’on lève le voile sur les suppressions de postes. Il y avait au départ 650 équivalents temps plein il y en aura 555 à l’arrivée. Pas de souci, les départs en retraites ne seront pas remplacés, les départs volontaires sont expliqués par le turn over habituel dans les professions de santé ! Le poste d’un directeur de clinique a été supprimé, mais c’était parait-il « son souhait » de partir ?

    C’est clair , la boite à fric alourdit la charge de travail des salariés, renforce ses « gisements de profits » et la crèche sert en partie à faire accepter les temps de trajets supplémentaires.

    Y.H.