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NPA Bourgogne Franche-Comté
  • LE RN EST BIEN UN PARTI ISSU DU FASCISME....

    29 décembre 2022

    LE RN EST BIEN UN PARTI ISSU DU FASCISME.

    Et le NPA du communisme. Et Renaissance du libéralisme. Ces trois grands courants politiques sont toujours caractérisés et opérants même s’ils ont évolué au fil du temps (ainsi le RN est bien sûr très différent du NSDAP hitlérien). Et même si ces courants se sont toujours déclinés à chaque période en nuances diverses (comme il en existe entre le RN et Reconquête de Zemmour ou Fratelli d’Italia de Meloni). Donc, le RN (puisque c’est de lui dont il est question aujourd’hui) reste d’essence fasciste et peut être taxé de tel malgré ses dénégations.
    En effet, si l’on considère la primauté donnée naguère à la race aryenne et aux Allemands en particulier, on peut avancer que ce concept se retrouve, en un dégradé de la chose, dans le thème majeur du RN : la préférence nationale. Au nom de ce genre de priorité exclusive en faveur d’une communauté plus ou moins fantasmée, ses tenants fondaient et fondent toute leur morale particulariste, déniant certains droits des plus fondamentaux à tous ceux qui sont extérieurs au groupe choyé. Le déni du droit à la vie pour les nazis, le déni du droit d’asile ou de ne pas être privé de patrie pour le RN. Là où les fascistes éliminaient les non-Aryens, le RN veut expulser en masse les non-Français, essentiellement les migrants clandestins, tout en durcissant de façon drastique les conditions d’entrée en France et d’obtention de cette nationalité.
    Par ailleurs, même si Marine Le Pen ne le fait pas sien, le concept du Grand Remplacement qu’agite l’extrême-droite française a bien aussi un certain cousinage avec le péril juif ou bolchévique mis en avant dans les années trente du siècle dernier. Bref, le fascisme d’hier comme celui d’aujourd’hui sont toujours des anti-universalismes brandissant un « Nous » à l’identité plus ou moins définie, menacée par des « Autres » supposés hostiles. Et contre lesquels il faut prendre des mesures.
    Un autre point de filiation entre le fascisme initial et le RN, c’est de croire ou de faire croire qu’ils peuvent régler les injustices liées à la répartition inégale de la propriété capitaliste sans toucher à ses bases. Car ils la laissent toujours perdurer. Et même prospérer depuis le fascisme libéral du Chili de Pinochet jusqu’aux partis fascistes contemporains - même si le RN de Marine a mis un léger bémol par rapport au libéralisme assumé du FN de Jean-Marie. Les premières dictatures fascistes du XXème siècle, quant à elles, avaient un peu tordu le bras à cette propriété privée par un passage vers un certain capitalisme d’Etat – cherchant plutôt, en accord avec une partie d’entre eux, à sauver la mise des capitalistes, menacés alors par la violente crise de 1929.
    De ce pas de côté devant la propriété privée des moyens de production découle le choix du fascisme de ménager de multiples façons les vrais nantis – lesdits propriétaires. Souvent en faisant diversion en jouant des non-propriétaires contre d’autres non-propriétaires, des défavorisés contre d’autres défavorisés. Les Juifs, riches et pauvres confondus autrefois, dont il fallait boycotter notamment les petits commerçants dits profiteurs. Aujourd’hui les musulmans, surtout ceux des quartiers. Ou d’autres boucs-émissaires, comme le fait J.Bardella qui propose de prendre sur l’aide aux migrants illégaux pour redonner aux jeunes qui veulent créer leur entreprise. Ou comme L.Aliot qui voulait prendre sur des fonds pour des IVG dits « de confort » pour les redonner aux personnes âgées pauvres.
    Enfin, dernier point commun : qu’il soit libéral ou dirigiste en économie, il s’agit toujours pour les partis fascistes d’accentuer la verticalité d’un pouvoir autoritaire dans lequel l’Etat et les hommes d’Etat tiennent une place centrale. Certes les Bolsonaro, Modi, Berlusconi et Le Pen dénotent moins que les Führer, Duce et autres Caudillo... En revanche, l’inclinaison de tous ces chefs portés au pinacle est toujours de se méfier de leurs peuples en accentuant leur contrôle. Ainsi, en Italie, le programme de Meloni souhaite changer la constitution italienne pour donner plus de coudées franches à l’exécutif. En France, avec une Vème République déjà très avantageuse pour l’exécutif, le RN a moins de revendications particulières à ce sujet. On peut cependant observer le fonctionnement en interne de ce parti, géré plus de haut en bas par le bon vouloir d’une dynastie familiale que par des principes démocratiques. En outre, on peut faire un parallèle au sujet de la méfiance voire du mépris dans lequel Hitler tenait les Allemands eux-mêmes et un Le Pen père disant, à peu près, de ses électeurs qui avaient préféré voter Sarkozy en 2007 : « Ce sont des cocus, chez eux, c’est une seconde nature ».
    Pour terminer, notons tout de même une différence entre le RN et les partis fascistes d’alors : ces derniers avaient, intégrés dans leur organisation, des bras armés comme les SA, Chemises noires et autres phalanges... Ce qui n’est pas le cas du RN, ce genre d’éléments se trouvant aujourd’hui extérieurs à lui. Et Marine Le Pen tient à s’en démarquer en demandant, à l’occasion, la dissolution de certains de ces groupuscules fascistes.
    On peut cependant douter de ce qui peut paraître une simple posture car qu’en serait-il le jour possible où le RN prendrait le pouvoir ? La police, l’armée, gangrenées par le vote RN, interviendraient-elles réellement face aux exactions de ces individus qui se sentiraient pousser des ailes ? Et le nouveau pouvoir agirait-il réellement contre leurs atteintes aux droits ? Il est permis d’en douter et d’anticiper plutôt une alliance objective entre ce nouveau pouvoir légal et des bandes dont les activités violentes iraient dans le sens des nouvelles orientations.
    Pays, nation portés aux nues, peurs agitées, boucs-émissaires désignés, ménagement des puissants, méfiance et contrôle des populations : ce cocktail, même moins épicé qu’alors, signe bien cependant l’appartenance du RN à la grande famille du fascisme.