NPA Bourgogne Franche-Comté
  • Malgré cinq appels au Samu, une femme meurt d’un infarctus à Belfort...

    Il y a deux mois, à côté de Belfort, une femme de 62 ans est décédée d’un infarctus après avoir appelé à cinq reprises le 115. Les secours ne sont pas arrivés à temps.
    Ce décès est aussi médiatisé que celui d’une jeune strasbourgeoise en décembre 2017 qui avait elle aussi appelé le 115 sans que la gravité de son état ait été correctement évaluée.
    Ce qui est mis en avant par les médias c’est toujours le fonctionnement de la régulation du service des Urgences, voire l’incompétence du personnel qui répond au téléphone. Ce malheureux événement mérite donc une petite mise au point.

    Depuis 2015 il n’y a plus de centre d’appel à Belfort-Montbéliard. Tous les appels parviennent à Besançon à près de 100 km de là.
    Quand on appelle le 15, c’est un.e assistant.e de régulation médical (ARM) qui n’est pas médecin qui décroche. Il/elle ne prend aucune décision, fait une fiche de renseignement et oriente l’appel vers un.e médecin régulateur/trice. C’est ce médecin qui décide de la conduite à tenir et déclenche les secours les mieux adaptés.
    Le problème c’est que la Franche Comté est une région test en la matière. C’est la première région qui a vu ses services départementaux de régulation fusionner entre 2005 et 2015. L’Agence Régionale de Santé (ARS) prétend que c’est pour améliorer la qualité de la régulation !
    En fait le personnel des Urgences, en grève actuellement depuis 7 mois, dénonce la dégradation de la situation en régulation, plus particulièrement depuis la fermeture du service de régulation de Belfort en 2015 où il y avait 9 opérateurs/trices sur place.
    Depuis novembre 2015 la régulation du territoire de Belfort a été déplacée vers le SAMU de Besançon… Sans les 9 postes !
    Le personnel actuellement est en sous-effectif. Certain.e.s font, en ce moment, des semaines de plus de cinquante heures. Les heures supplémentaires se multiplient ainsi que les arrêts de maladie. Certaines nuits seuls deux médecins se relaient pour réguler.
    Dans ces conditions de stress et d’épuisement professionnel, il n’est pas étonnant que des dysfonctionnements puissent se produire.
    Pourtant ce ne sont pas les vrais responsables de cette situation : le gouvernement, les ARS qui sont mis face à leurs responsabilités. Ce sont toujours les exécutants qui sont uniquement montrés du doigt. En l’occurrence les ARM et les médecins.
    L’austérité dans les services publics : université, transports, santé a un coût qui peut être celui de la vie. Ce système est criminel, c’est aussi pour cela que les urgentistes de Besançon comme de tout le pays sont en grève depuis des mois.