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NPA Bourgogne Franche-Comté
  • Gauche de rupture ou gauche plurielle ?

    2 mai 2022

    Dans les discussions en vue d’un accord pour les législatives, LFI s’adresse à toute la gauche, du PS jusqu’au NPA. Dans son adresse, confirmée par plusieurs déclarations dans les médias, LFI mettait en avant « les ruptures indispensables, vitales, pour répondre à la crise écologique, sociale et démocratique ». C’est sur cette base que nous sommes entrés en discussion. Pour nous, il s’agit d’entamer le regroupement d’une gauche de rupture avec les politiques libérales et antisociales pour commencer à changer le rapport de forces. Les élections législatives peuvent être une étape vers ce regroupement qui se construira aussi sur la base de mobilisations et de luttes. Ce point semble d’ailleurs partagé nationalement comme localement par LFI (et par d’autres groupes, notamment par Ensemble !)

    Mais pour se faire, il nous faut réussir à incarner cette rupture, cette nécessaire radicalité pour pouvoir prétendre répondre aux défis des crises multiples que nous traversons. Et cette rupture, elle doit aussi avoir lieu avec le social-libéralisme qui a conduit la politique sous Hollande par exemple. Comment aujourd’hui imaginer construire une opposition (et peut-être un jour une majorité) avec ceux-là même qui ont voté la loi El-Khomri, contribué à casser le code du travail… avec ceux-là même qui ont poursuivi une politique anti-migrants et ont lancé le débat autour de la déchéance de nationalité… avec ceux-là qui se disait avoir la finance comme ennemi mais on choisit un certain Emmanuel Macron comme ministre des finances.
    D’ailleurs, certains militants et/ou élus du PS s’étaient désolidarisés d’avec leur parti et le gouvernement. Et si on ne peut s’empêcher de penser qu’ils avaient été bien naïf de croire aux promesses et bien lent à réagir, il faut dire ici qu’ils avaient raison de fronder et de rompre.
    Pour le regroupement à construire, il nous semble nécessaire, stratégiquement et tactiquement, de nous démarquer du social-libéralisme mis en œuvre par le PS.

    Certains voudraient nous faire croire que le PS aurait changé… Depuis quand ? Depuis 15 jours, suite à la confirmation de son effondrement électoral ? Hidalgo, c’est l’ancien PS ou le nouveau ? Soyons sérieux.

    On peut aussi prendre les choses plus localement et questionner la politique de l’exécutif régional du PS en la personne de Marie-Guite Dufay. Est-ce l’expression d’une politique de résistance au ravage du libéralisme ? Non, sur la plupart des sujets, la région accompagne la politique nationale sans aucune rupture, résistance ni alternative. On pourrait s’intéresser aux politiques éducatives et à la gestion des lycées par exemple. Elle peut même se montrer particulièrement bonne élève notamment sur la question du transport puisque la région a ouvert à la concurrence non pas une ni deux lignes, mais l’ensemble des lignes TER de la région. Et ce bien entendu contre l’avis de l’ensemble de l’intersyndicale CGT-UNSA-Sud Rail-CFDT ! Aucune autre région n’avait osé, même celles gérées par la droite…

    Nous ne reviendrons pas ici sur les raisons qui motivent la construction d’une gauche de rupture, la nécessité à inverser le rapport de force face aux défis qui sont les nôtres. Mais pour le NPA, cela ne peut pas être une reconstruction d’une gauche plurielle, même avec des rapports de force internes différents puisque LFI a maintenant nettement le leadership. Au contraire, la situation globale et plus particulièrement la crise écologique et la montée de l’extrême-droite nous obligent à assumer pleinement la rupture avec le social-libéralisme qui nous a trop souvent mené dans l’impasse provoquant désillusion et démoralisation.

    Besançon, le 01 mai 2022