Bourgogne Franche-Comté
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    26 octobre 2023

    HAUT-JURA/SAINT-CLAUDE : UNE PRESIDENCE DE CHOC(S)

    Dans un article d’août dernier, nous évoquions les démêlés au sein de la Communauté de communes Haut-Jura/Saint-Claude (la Comcom) entre des employés, des syndicalistes censés les défendre face à leurs directions contestées et des élus censés superviser le tout. Nous notions que l’origine des problèmes n’était pas tant un clivage politique, comme beaucoup le croient, mais plutôt des managements litigieux avec des syndicalistes et des élus qui n’ont pas joué leurs rôles de médiateurs. Et c’est pourquoi on s’est retrouvé avec un étalage public de recours en justice, notamment pour harcèlements. Nous voudrions à présent porter l’attention sur le rôle particulier qu’a joué, dans ce contexte, la nouvelle présidente de la Comcom, Mme Heurtier (macroniste), élue en mars dernier.

    En effet, après un calme relatif au sein de cette assemblée depuis 2021, c’est bien une initiative de Mme Heurtier qui fut l’étincelle qui remit le feu aux poudres lors de sa visite fin mars au musée de l’Abbaye. On se rappelle que les employés de cette structure en avaient profité pour lui soumettre leurs problèmes vis-à-vis de leur direction. Or, quelle avait été sa réaction ? Les écouter, proposer une médiation, mettre les syndicats dans le coup, bref essayer d’apaiser cette souffrance au travail ? Apparemment non, mais décision de retirer sans prévenir ses délégations à l’élu Comcom, JL Millet (devilliériste, également maire de Saint-Claude), qui avait eu le tort d’avoir esquissé un pas en direction des dits employés face à leur directrice.

    Depuis, on apprend une nouvelle décision de cette présidente : le transfert de l’Office du Tourisme du centre-ville au Musée de l’Abbaye. Pourquoi pas, c’est peut-être une bonne chose. Mais c’est toujours la manière qui surprend, une véritable marque de fabrique. En effet, à notre connaissance, il n’y a pas eu de discussion formelle en bureau de la Comcom, encore moins en assemblée générale et les citoyens, dont les commerçants sanclaudiens en colère, ont été les derniers informés. Ici encore, pas de consultation des personnes concernées : le coup de menton martial, l’oukase jupitérien tombe d’en haut sur des sujets supposés accueillir « des décisions d’avenir* » comme le dit modestement Mme Heurtier et qu’elle est sans doute seule à concevoir puisque « Quand on est élu, on prend des décisions (...) » comme elle le souligne. Peut-être confond-elle avec Elue au sens religieux du terme ?

    D’aucuns, après ça, s’étonneront du désintérêt des citoyens envers la chose publique... D’autres pourtant, plutôt à gauche, voudraient que l’on suive le panache de Mme Heurtier dans son combat face au maire souverainiste JL Millet ou, plus prudemment cette fois-ci, renvoient les deux protagonistes dos-à-dos qui devraient cesser « de se mener une guéguerre entre eux* ». Pourtant, depuis mars en tout cas, il nous semble qu’il n’y a pas de symétrie et que c’est la nouvelle présidente qui porte les coups et le maire de Saint-Claude qui n’en peut mais. Coups portés maladroitement qui renforcent l’adversaire au lieu de l’affaiblir. Il aurait mieux valu, par exemple, aller rencontrer les commerçants de Saint-Claude, se faire apprécier, pourquoi pas, de certains à leur contact et même (on peut rêver) organiser une consultation citoyenne plutôt que de pousser les habitants dans les bras d’un JL Millet qui n’en demande pas tant.
    La question à présent, c’est : à quand la prochaine décision unilatérale de la présidente de la Comcom ? Plus prosaïquement : à quand la prochaine bourde de la cheffe ?

    *Voir Le Progrès Jura du 5 octobre 2023.