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NPA Bourgogne Franche-Comté
  • Chroniques (in)hospitalières Triste histoire...

    10 août 2022

    Chroniques (in)hospitalières

    Triste histoire d’un patient qui veut savoir pourquoi il doit marcher avec l’aide de 2 cannes à 53ans…

    - sciatique brutale + difficultés débutantes à uriner à midi.
    - comme il a des antécédents de hernie discale lombaire opérée, il souhaite aller aux urgences.
    - le médecin régulateur au 112 refuse d’envoyer une ambulance pour aller aux urgences proches car « elles sont débordées ».
    - on lui envoie un médecin à domicile qui le met sous traitement médical et lui refuse également le transfert aux urgences.
    - le couple est furax mais que faire ?
    - le lendemain à midi, devant l’aggravation des douleurs, l’apparition d’une paralysie des jambes et une rétention urinaire depuis 24h : nouvel appel au 112 qui accepte "enfin" le transfert aux urgences à 17h...
    - attente aux urgences jusque 23h où un interne l’examine.
    - IRM à minuit : volumineuse hernie discale compressive avec syndrome de la queue de cheval.
    - transfert à CHRU de Besançon à 3h40.
    - arrivée à 4h40.
    - opéré en Neurochirurgie à 5H du matin.

    Le patient garde de lourdes séquelles après la rééducation (6 mois)
    - Auto-sondages urinaires 6 mois ;
    - Difficultés génito-sphinctériennes persistantes ;
    - Déficits sensitivo-moteurs des jambes ;
    - Doit marcher avec 2 cannes à 53ans ;
    Délai de décompression neurologique recommandé : 6h. Délai actuel d’un patient en France : 41h.

    Et c’est bien trop facile de parler de mauvaise prise en charge médicale. Les médecins font ce qu’ils peuvent avec les moyens à leur disposition et les consignes données par le Ministère. Cette dégradation systémique des hôpitaux a une cause politique, ce n’est pas une fatalité.
    On sent dans les discours du Ministère, des instances de Santé et des piliers de plateau télé, une espèce d’injonction à banaliser les symptômes des malades qui sont en quelque sorte nés pour se plaindre de façon inappropriée… Et aussi une obligation de délester coûte que coûte les services d’Urgence au lieu de chercher à relancer la machine hospitalière...
    NON monsieur François Braun tout ne va pas bien dans les prises en charge d’Urgence en France.
    L’appel obligatoire et systématique du 112 témoigne d’une dégradation de l’offre et de la qualité des soins qui aboutit in fine à de nombreuses pertes de chance pour les patients.

    #Jenepeuxpasvouslaissezdirequelesurgencessontfermées