NPA Bourgogne Franche-Comté
  • À LA GUERRE COMME À LA GUERRE !

    Il paraîtrait que nous sommes en guerre… Eh bien, acceptons cette analogie macronienne qui veut nous faire accepter l’idée d’Union sacrée derrière la politique du chef de l’État face à l’ennemi Covid. En effet, Macron a traité d’« irresponsables » ceux qui osent critiquer « la guerre » qu’il mène contre le virus. Et Muriel Pénicaud a taxé de défaitistes les entrepreneurs du bâtiment qui refusaient de continuer les chantiers au début du confinement.

    Chiche donc avec ce vocabulaire belliqueux, car il recouvre, tout autant que le consensus souhaité par le pouvoir, le refus de l’unanimisme, la désobéissance, voire la guerre civile pouvant mener parfois à des révolutions, comme ça s’est vu dans le passé.

    Ainsi en 1914, contre l’Union sacrée chez tous les pays belligérants, une minorité plus ou moins importante s’est levée pour la combattre – notamment les spartakistes en Allemagne et les bolchéviks en Russie. Après-coup (bien après), même la bourgeoisie, pour une large part, a reconnu, de façon superficielle, on va dire l’imbécillité de la Première Guerre mondiale. Faire l’Union sacrée pour aller au casse-pipe ne rappelle donc pas forcément que des souvenirs positifs. Aujourd’hui, on pense en particulier à la réquisition des élèves et des enseignants pour monter au front scolaire le 11 mai prochain. En revanche, soi-dit en passant, toujours pas de réquisitions d’entreprises ou de logements, épargnés comme l’ont été les usine s des grands groupes capitalistes laissées volontairement sauves par les bombardements de 14-18.

    Lors de la Deuxième Guerre mondiale, même refus de l’union proposée par le chef d’État d’alors – en particulier de la part d’un militaire supposé pourtant obéir aux ordres. L’Histoire, là aussi, a donné raison aux désobéissants et même aux résistants. Idem encore avec la guerre d’Algérie et toutes les guerres coloniales à l’égard desquelles la postérité a rendu justice à ceux qui ont refusé l’union derrière leur gouvernement impérialiste.
    Pour continuer dans la même veine guerrière, notons que, comme autrefois, les premiers de cordée sont ceux qui risquent le moins pour leur peau – tout comme les généraux pendant les vraies guerres qui sont eux aussi, quoi qu’on en dise, les premiers des planqués. Voir Macron pourvu d’un masque à chacune de ses visites après avoir dit que c’était inutile… pour les autres ! Sans doute pour les gens de rien, ces poilus mal payés des transports, du commerce, de la santé sommés de monter au front économique pendant que les traders, les patrons et cadres des grands groupes et des banques restent au frais. Chacun reconnaîtra les siens ; pour notre part, nous avons choisi.

    Enfin, dernière analogie avec la guerre : que doit-on penser de ceux qui l’ont si mal préparée en réduisant les effectifs des troupes (les soignants, les enseignants, les postiers…) et en liquidant les stocks de munitions (masques, lits d’hôpitaux, respirateurs…) ? Autrefois, on taxait de tels individus de cinquième colonne et ils étaient condamnés pour haute-trahison. Et aujourd’hui, qu’en ferons-nous ?