NPA Bourgogne Franche-Comté
  • Nouveaux effets de l’autonomie mortifère des universités : l’ufc dans la tourmente

    Coincée entre le marteau de l’austérité et l’enclume de la Comue l’équipe présidentielle de l’université de Franche-Comté poursuit le sabordage de l’enseignement supérieur et de la recherche dans notre région. Cette fuite en avant dans le toujours moins de moyens a pris ce dernier semestre une tournure des plus alarmantes.

    – Elle commence « en douceur » par un plan social qui ne dit pas son nom :
    Un changement de calcul dans l’utilisation des « rompus de temps partiels » provoque le non-renouvellement de nombreux contrats de précaires au sein de l’université.

    Lors de l’avant-dernier conseil d’administration, l’équipe dirigeante avait vaguement et rapidement évoqué le calcul des rompus (en gros, cinq temps partiels de titulaires à 80 % « créent » un contrat précaire à 100 %) comme piste à envisager pour faire de nouvelles économies budgétaires. Les différents représentants du personnel n’y avaient pas prêté une attention particulière…

    Las, début octobre le directeur du SCD (l’ensemble des bibliothèques universitaires) a découvert avec consternation que ce changement de calcul allait provoquer de facto pour son service le passage de six emplois « appuyés budgétairement sur ces rompus » à un demi emploi !
    Cette opération comptable qui ampute le SCD de près de 6 % de son personnel va s’appliquer dans toutes les composantes de l’université ! Outre son caractère particulièrement abrupt et inhumain vis à vis des personnes ainsi limogées elle s’attaque aussi à l’ensemble du personnel et plus particulièrement aux femmes en remettant en cause leur possibilité de choisir de travailler en temps partiel.

    – Elle continue en novembre « style décomplexé » par la décision de supprimer à l’UFR SLHS (la fac de lettres) dès la rentrée prochaine quatre filières, de geler de nombreux postes d’enseignants, de réduire drastiquement le volume d’heures d’enseignement et de faire ainsi passer le semestre d’enseignement de 12 à 10 semaines !
    Face à la réaction immédiate du personnel et des étudiants unis dans la même détermination à ne pas laisser saccager leur faculté (600 personnes réunies en AG dans deux amphis bondés qui traversent le centre-ville en manif spontanée pour aller occuper la présidence de l’université et faire entendre leur colère aux membres du Conseil d’administration qui s’y déroule) le président Bahi (qui tweetait quelques jours plus tôt son soutien aux étudiants brésiliens en lutte !) choisit tout d’abord l’épreuve de force en faisant intervenir la police à l’université.

    Avec le président Bahi le dialogue social prend de la hauteur !

    Mais il revient très vite sur la suppression des filières ainsi que sur le passage du semestre de 12 à 10 semaines tout en faisant voter le 16 décembre un budget qui ne permettra pas à la fac de lettres de fonctionner correctement. Depuis la rentrée de janvier l’équipe présidentielle a annoncé une « obtention » de 62 000 heures de cours à la rentrée 2017 – contre les 54 000 accordées au départ et en dépit des 68 000 demandées pour faire tourner « correctement » l’UFR.

    À l’heure où nous mettons en page le président Bahi présente ses vœux à la communauté universitaire… gageons qu’il oubliera dans ceux-ci les deux étudiants bisontins poursuivis par la justice pour avoir participé à une occupation pacifique de leur établissement !

    J.LF.

    Petit lexique :
    SCD : Service commun de documentation. Regroupe l’ensemble des bibliothèques universitaires d’une université.
    Comue : en bref il s’agit d’un regroupement (très souvent contraint !) d’universités et d’établissements de recherche. La Comue citée dans le texte regroupe, entre autres, l’université de Bourgogne, l’université de Franche-Comté et l’université technologique de Belfort-Montbéliard.
    Les « rompus de temps partiels » : en résumé, la gestion des « rompus » dans la fonction publique, c’est la gestion de la part non consommée des supports budgétaires correspondant aux postes de fonctionnaires délégués aux établissements par l’État, mais qui sont occupés par des agents à temps partiel. Ces « reliquats » peuvent être utilisés par les établissements de différentes façons.