NPA Bourgogne Franche-Comté
  • Procès politique des "19 de la saint Valentin"

    Le 14 février 2017, 17 étudiantEs de la fac de lettres de l’université de Besançon et deux jeunes, pour la plupart membres de Solidaires Etudiants, dont un élu au conseil d’administration (CA) de l’université décidaient d’interpeller les membres de ce CA pour protester contre la mise en place de la sélection en Master.

    Depuis ce jour on les appelle les 19 de la saint Valentin.

    Comme souvent dans ce cas, l’ambiance était bon enfant. CertainEs étudiantEs avaient des masques photocopiés du portrait du président de l’université et elles et ils avaient amené des brioches.

    Ce qu’elles et ils ne savaient pas c’est qu’en catimini, les dirigeantEs de l’université avaient demandé à la préfecture d’envoyer la police pour les faire expulser. Une première à Besançon dans l’histoire de l’université.

    50 flics en tenues anti-émeute ont débarqué dans la salle du CA et ont très violemment expulsé les étudiantEs unE à unE. Avec pour certainEs des coups de poing, de genoux et des déplacements de vertèbres !

    Toutes et tous les étudiantEs ont été placéEs en garde à vue : 24 h pour 17 et près de 48h pour deux d’entre elles et eux. Un événement très traumatisant pour des étudiantEs qui n’imaginaient pas la tournure qu’allait prendre une simple intervention syndicale.

    Un an après le parquet sur des témoignages mensongers du président et de la vice-présidente de l’université et de quelques larbins, a déféré la plupart de ces étudiantEs devant la justice.

    Des étudiantEs ont été appeléEs à comparaître en composition pénale (sorte de plaider coupable à la française).

    CertainEs ont choisi la composition pénale et ont écopé d’un stage de citoyenneté payant. D’autres ont refusé et se sont trouvéEs ou seront déféréEs devant le tribunal correctionnel. Une étudiante, mineure au moment des faits, a eu un rappel à la loi.

    Le 27 juillet dernier était le jour du délibéré pour 7 étudiantEs qui étaient passéEs, quelques jours auparavant, devant le tribunal correctionnel.

    Toutes et tous ces étudiantEs ont participé à la même action. Pourtant certainEs étaient accuséEs de dégradation, d’autres de dégradation et rébellion, d’autres de dégradation, de rébellion et de séquestration.

    En fin de compte trois étudiantEs ont été relaxéEs. Deux étudiants ont pris 3 mois avec sursis sans amende et les deux derniers, pour lesquels l’accusation de séquestration a été retenue, dont un camarade du NPA et l’élu étudiant au CA de l’université, ont été les plus gravement condamnés.

    Notre camarade a pris 4 mois avec sursis, 450 euros d’amende et 100 euros de dommages et intérêts pour un flic. L’autre camarade a pris 5 mois avec sursis et la même somme à verser. Les deux peines devant figurer au casier judiciaire malgré la demande de non inscription expressément faite par l’avocat. Et cela pour des étudiants qui se destinent à être professeurs !

    La gravité de ces condamnations s’inscrit dans l’orientation répressive et autoritaire de l’état.

    Il s’agit bel et bien d’un procès politique qui vient d’avoir lieu à Besançon.

    Un comité de soutien s’est reconstitué regroupant Solidaires, la FSU, la CGT, le NPA et Ensemble qui a fait un communiqué médiatisé localement.

    Les étudiantEs n’ont pas encore décidé si elles/ils feront appel.

    Ce procès politique doit être dénoncé le plus largement possible.

    Un comité de soutien s’était constitué dès le placement en garde à vue des étudiantEs. Par moment plus de cent personnes étaient devant le commissariat de police. Une centaine de personnes étaient là pour la sortie de garde à vue des premierEs étudiantEs.

    Dès le début de cette répression les militantEs du NPA ont pris toute leur place pour soutenir ces camarades.

    Evidemment toutes et tous les étudiantEs continuent d’avoir notre total soutien : financier, politique, moral.
    Ce type de machination d’une direction autoritaire de l’université avec la complicité policière n’arrêtera pas la contestation contre la politique de l’état : ni à la fac, ni ailleurs !