NPA Bourgogne Franche-Comté
  • L’homophobie ne s’arrête pas à la porte d’un stade ou d’un gymnase !

    L’homophobie est une discrimination qui s’écrit dans un système patriarcal et hétéro-centré. Par conséquent, aucune sphère de la société n’est protégée de cette violence. L’homophobie et plus largement les LGBT+phobies (lesbiennes, gays, bi.e.s, trans) s’inscrivent à la fois dans le domaine professionnel, dans la rue et dans la sphère privée. Le sport est donc un terrain où règne cette oppression.

    En effet, le sport est un facteur de sociabilisation, de représentation. Il prend place dans la vie de tous les jours, qu’il soit un loisir ou un travail. L’homophobie dans le sport possède des singularités et nous devons continuer de lutter contre les inégalités qui en découlent comme dans tous les autres domaines. Le sport érige des icônes qui peuvent à la fois bousculer les idées conventionnelles en luttant ouvertement contre ou, au contraire, créer un modèle unique à suivre qui emprisonne les personnes qui sortent du système hétéro-ciscentré.

    Dans le domaine sportif, une forte violence contre les personnes LGBT+ existe encore, trop souvent invisibilisée. Pour ne citer que quelques exemples de ces dernières années : en juillet 2018, un coach médiatiquement homophobe a été recruté dans un club au Nebraska, en novembre de la même année, Gareth Thomas, l’ancien capitaine de l’équipe de rugby du Pays de Galles a été attaqué physiquement pour la seule raison qu’il était homosexuel, en décembre, le boxeur Dario Larralde poste sur les réseaux sociaux une menace de mort pour les personnes homosexuelles. En France, c’est Patrice Evra qui déclare après une défaite, que les joueurs de Paris sont des « pédés » et que dans son équipe « les joueurs se comportent comme des vrais hommes ». Mais déjà, qu’est que cela signifie être un vrai homme ? Les stéréotypes de genre sont bien intégrés dans la société ! Ces oppressions sont souvent tragiques : Amal Fashamu, le premier footballeur pro à avoir fait son coming out se suicide. Il est devenu une figure symbolique de la lutte contre l’homophobie en 1998 avec la fondation de l’association The Justin campaign.

    Ce sont ces multiples actes homophobes qui sont responsables d’un constat alarmant : aucun.e footballeur.euses encore en activité dans un des championnats dominants n’évoque son homosexualité en public. Ce n’est pas anodin. À ces actes, s’ajoute une violence banalisée dans les tribunes de spectateur.ice.s avec les paroles et les jugements abjects sous couvert d’humour.

    Cependant, des mesures tentent de réduire ces discriminations liées à l’orientation sexuelle. Un brassard a dû être porté en championnat de ligue 1 par les capitaines d’équipe, les crevettes pailletées portent le sujet sur le grand écran et la Une du journal l’Équipe magazine présente deux hommes qui s’embrassent dans un bassin olympique. Mais il en faudra davantage pour combattre le caractère duplice des LGBT+phobies dans le sport, car ce dernier est silence. Ce n’est pas seulement l’homophobie qui existe, les personnes lesbiennes, bi.e.s, trans sont également des cibles. Une certaine idée de la virilité ou de la féminité est mise en avant et reproduit les clichés dominants de notre société.